Victoire

 

Elle avait un grand corps
tout simple sans cervelle.
Les bras souvent ouverts, tièdes comme des ailes
Elle nous suivait partout
à la guerre, à la trace,
nous l’appelions Victoire,
et oui, de Samothrace.
Victoire, Victoire.
Au fond, un soldat meurt
moins souvent qu’il ne s’use.
la guerre a des langueurs
que la paix lui refuse.
Victoire était le feu
et nos foyers la cendre,
nous étions des héros
qui l’aimions d’amour tendre.
Victoire, Victoire.
Pour être plus légers nous vivions sous des tentes,
un matin de printemps sans raison apparente,
l’ennemi avança plus que les autres jours
et nous tomba dessus précis comme un vautour.
Chacun de nous eut soin d’éviter le carnage,
Victoire résista, on la prit comme otage.
On nous chercha partout et on l’interrogea,
elle ne parla point, alors on insista.
Adieu, adieu Victoire,
amour et Samothrace.
Il va falloir oser se regarder en face,
on peut vendre son corps et puis donner sa vie,
du plaisir au héros, son sang pour la patrie,
si souvent peu de cervelle abrite une grande âme.
Pour la dernière fois tous ensemble nous criâmes
Victoire, Victoire, Victoire !

Victoire – Giani Esposito

Ce texte figure dans ces disques :

 

 

 

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