Témoignages

 

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Si vous avez croisé Giani Esposito, si vous avez des anecdotes à son sujet ou quoi que ce soit qui semble digne d’intérêt, contactez-moi. Votre témoignage figurera ici.


Les mots qu’on n’a pas dits

C’était dans le tout début de l’année 74 … Je travaillais à la Marseille, à la radio, FIP 514. Le week-end, quand nous étions de garde, les distractions étaient rares et les journées n’en finissaient plus… Les couloirs, comme les bureaux étaient déserts et n’étaient même pas éclairés, car à cette époque, seule la radio fonctionnait les samedi et dimanche. C’est dire si ce dimanche là, je fus intriguée d’entendre dans la grande solitude des couloirs le son d’un piano… Je m’approchais de l’auditorium où se trouvait un piano à queue… La porte était entr’ouverte, je me glissais par l’entrebâillement et m’arrêtais aussitôt. Giani Esposito dont le visage, grave, était à peine éclairé par une petite lampe de chevet posée sur le piano, jouait dans le grand studio désert… L’instant était solennel et pathétique et j’en avais conscience. En fait, une dernière partie était entrain de se jouer mais je ne le savais pas…

« S’accompagnant d’un doigt
Le clown se meurt…
S’accompagnant d’un doigt
Et pour quelques spectateurs…
Sur un petit violon
Et pour quelques spectateurs…»

Je restais debout, sans bouger, à l’écouter avec recueillement et une émotion que je n’oublierai jamais… Lorsqu’il fit retomber le couvercle du piano, je me sauvai sans me montrer, sans rien dire, vers mon micro.
Quelques jours plus tard, la nouvelle de sa mort tombait sur les télex.
C’est dire mon émotion de voir au cours d’une insomnie, au milieu de la nuit, dans « Les grands du rire » Giani Esposito chantant ce clown, si émouvant, que j’avais rencontré un dimanche, dans l’obscurité et la solitude d’un studio marseillais.

Témoignage de Michèle Castanet (janvier 2008)


Giani ESPOSITO était vraiment à part dans le milieu artistique. Ses chansons n’attiraient pas les foules, souvent imprégnées d’une certaine forme de mysticisme où l’on y retrouve évoqués, aussi bien Krishna que l’apôtre Paul.

Acteur de cinéma, dès 1952 dans des rôles secondaires, il se produira comme chanteur, dans des cabarets comme « La rose rouge » ou « L’Ecluse », en 1954. Rendu célèbre avec la chanson « Les clowns » rebaptisée plus tard « Le clown », en 1957. Il a participé également comme acteur dans des téléfilms dont « Le Chevalier Tempête », en 1967 – qui fut la première série TV en couleurs de la télévision française, dans le rôle de Mazarin.
Artiste complet, il a écrit des livres et il dessinait de belle façon.

Le 18 janvier 1973, ma femme et moi sommes allés au Petit Théâtre du Pont Neuf, sur la Grand Place de Lille. Sur la scène, selon les chansons interprétées, une belle jeune femme – sa nouvelle compagne : Ersie Pittas – accroupie dans un coin, l’accompagnait de divers instruments à percussion.

A la fin de la représentation, il a souhaité discuter avec ceux qui le désiraient, dans une petite salle attenante au théâtre. Nous n’étions qu’une poignée sur environ les deux cents spectateurs (la salle était pleine). J’étais étonné que nous n’étions pas plus nombreux. Incroyable ! mais enfin, Giani Esposito ne semblait pas contrarié, du moins il ne le montrait pas et les échanges se déroulèrent dans une ambiance, comme on dit de nos jours, conviviale. Il nous parlait avec une extrême douceur; les mots étaient pesés, sentis et reflétaient bien l’homme qu’il était et qui avaient transparu dans ses textes durant son récital.

Le lendemain, je suis allé au « Furet du Nord », qu’on disait alors la plus grande d’Europe, pour acheter, dans la collection Pierre Seghers « Poètes d’aujourd’hui », un ouvrage sur Giani ESPOSITO. Il n’en existait pas. J’étais furieux. Incroyable, là aussi !

Témoignage d’André Aloujes (janvier 2007)

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